Ménopause : restons optimistes pour la sexualité !



Ménopause : restons optimistes pour la sexualité !

À la ménopause, la fertilité disparaît avec les cycles et la sexualité est réputée en souffrir. Les bouffées de chaleur gênent les femmes, tout comme la fatigue, et l’on parle souvent d’une sécheresse vaginale qui apparaît. Qu’en est-il vraiment ?

Seules 27 % des femmes entre 50 et 59 ans affirment avoir éprouvé des difficultés de lubrification sexuelle au cours des 12 derniers mois. Nous sommes donc bien loin de l’idée qu’à partir de la ménopause, toutes les femmes sont « sèches » quand elles ont un rapport sexuel. En effet, il est important de différencier deux types de lubrification vaginale :

La lubrification correspondant à l’humidité naturelle des muqueuses

On pourrait la comparer à l’humidité continue de l’intérieur de la bouche, autre muqueuse du corps. Cette lubrification vaginale est sensible au taux d’estrogènes circulant dans le sang et ce taux baisse à la ménopause. C’est cette lubrification qui est donc affectée à la ménopause, lorsque le taux d’estrogène diminue fortement.

La lubrification émotionnelle, correspondant à l’excitation sexuelle

Elle pourrait se comparer à la salivation devant un bon petit plat ! Elle ne dépend pas des hormones estrogènes, mais du degré d’excitation et de la qualité des artères. Elle fonctionne donc toujours après la ménopause. Cependant, même si cette lubrification due à l’excitation sexuelle continue à fonctionner, elle a tendance à se ralentir. Il faut des préliminaires plus longs pour que la lubrification soit de bonne qualité… sauf chez les femmes qui continuent à avoir une vie sexuelle active avec trois rapports sexuels par semaine. Leur lubrification liée à l’excitation, bien entraînée, conserve la même rapidité d’apparition que chez une jeune femme.

Finalement, au moment de la ménopause, une femme dont le taux d’estrogène diminue fortement (ce n’est pas le cas de toutes les femmes) peut ressentir une sécheresse vaginale sous forme d’un inconfort quotidien. Cela peut se traiter par un traitement hormonal substitutif, par des estrogènes locaux (gel, ovules) ou par un hydratant local non hormonal.

Pour autant, ce n’est pas parce qu’une femme ressent cet inconfort qu’elle sera gênée dans sa sexualité, la lubrification au quotidien et la lubrification excitatoire étant de nature différente. On peut ajouter que les rapports sexuels ont un rôle très positif, permettant de conserver une bonne lubrification excitatoire et que le sperme contenant des estrogènes est une substance très bénéfique pour l’hydratation vaginale au quotidien….

Mis à jour par Dr Catherine Solano – médecin et sexologue le 20/10/2016
Créé initialement par Dr Catherine Solano – médecin sexologue le 11/09/2006

Sources : Laumann EO, Paik A, Rosen RC. Sexual dysfunction in the United States: Prevalence and predictors. Journal of the American Medical Association. 1999; 281: 537-544.

Cet article fait partie du dossier Troubles de la sexualité après 50 ans

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